N’y a-t-il vraiment plus personne pour travailler ? C’est ce qu’on pourrait croire en parcourant l’étude de BPI France selon laquelle 41 % des entreprises de moins de 250 salariés déplorent d’importantes difficultés de recrutement. Un niveau historiquement haut.

Les patrons sont inquiets et redoutent les départs en retraite de leurs salariés. Pourquoi ? Parce ce qu’il est de plus en plus difficile aujourd’hui pour les dirigeants de TPE/PME de trouver des remplaçants. C’est le constat alarmiste que dresse la BPI dans sa dernière enquête auprès des petites et moyennes entreprises du pays. « Actuellement, 41% d’entre elles disent faire face à des difficultés de recrutement, contre 34% il y a un an. Il s’agit de la proportion la plus élevée depuis 2002 » note Philippe Mutricy, Directeur de l’Évaluation, des Études et de la Prospective – Président, fondateur de Bpifrance Le Lab.

Le commerce et les transports sont les plus affectés

Et la situation est d’autant plus préoccupante que les PME ont tourné la page de la crise. En effet ; alors que les perspectives d’activité sont au beau fixe, que 42% des chefs d’entreprise tablent sur une hausse de leur chiffre d’affaires en 2018, contre seulement 16% qui craignent une baisse, les perspectives d’embauche, elles, sont revues à la baisse. Pour les experts de Bpifrance Le Lab, il n’y a aucun doute sur les raisons de ce recul : « Les PME ont probablement intégré les difficultés de recrutement auxquelles elles continuent de faire face. [Malgré] la bonne santé des entreprises françaises, notamment les plus internationalisées et les plus innovantes […], on semble avoir atteint un ’palier’ dans l’optimisme, notamment en raison de difficultés sérieuses et persistantes que les PME rencontrent pour recruter ». Un problème particulièrement marqué dans le secteur du commerce et de la réparation automobile (53 %), des biens intermédiaires (48%) et d’équipement (49%), ainsi que dans le transport (48%).

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Des clichés qui collent à la peau

Quant à savoir pourquoi autant de postes restent non pourvu alors les derniers chiffres du chômage sont en hausse, il faut regarder du côté des métiers concernés. Garagistes, chauffeur routier, carrossier, chaudronnier, couvreur, maçon, etc. Ces professions manuelles ont longtemps véhiculé une image peu valorisante, et ne sont pas dans l’air du temps. Autant de méconnaissance et de clichés qui ont la vie dure alors que les métiers concernés sont certes physiques pour la plupart, mais bien souvent à la pointe de l’innovation et synonymes de sécurité de l’emploi, de reconnaissance au travail et de conditions d’embauche très favorables face à la pénurie de main-d’œuvre. Pour rappel, selon Pôle Emploi, entre 200 000 et 300 000 recrutements ont été abandonnés l’an dernier, faute de candidats…

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